mercredi 12 mars 2008

001 Détresses aux abois


La commission Solidarité du Conseil de Quartier de la Vallée de Fécamp s'est apparemment auto-dissoute.
Faute d'idées !?!
J'avais pourtant donné comme exemple le premier SDF mort au Bois de Vincennes, et demandé si l'on ne pouvait pas réfléchir et faire quelque chose.
Nous en sommes à 6 aujourd'hui (3 ou 4 au bois).

On m'a répondu que le bois ne fait pas partie du Quartier Vallée de Fécamp.
On peut donc y mourir tranquille, ce n'est pas de notre ressort. C'est chouette.

Le mot solidarité n'est pas un mot qui se mesure en carrés de cadastre.
C'est un mot qui désigne le seul remède à la détresse sociale de ceux qui ont tout perdu.
Non pas qu'ils soient fainéants, ou alcooliques. Ceci n'est que le résultat final.
Mais parce qu'ils sont victimes du système qui les a conduits là.
Au boulot, on se bat pour garder sa place, ils n'étaient peut-être pas assez méchants.
Et donc réduits à néant, avant de devenir "fainéants".
Un système incapable de fournir du travail à tous.
Incapable de soigner ceux qui n'ont rien.

La détresse ne s'écrit pas, ne s'écrie pas, ne crie pas.
Elle ne peut qu'attendre la solidarité, en silence, le jour puis la nuit.
Je demande à chacun d'être une Commission Solidarité.
Prenons des couvertures de survie au Secours Populaire, rue Montgallet.
Et allons au bois.
Une certaine Françoise P. l'a déjà fait sans rien demander à personne, et sans en parler. Le premier mort était son "protégé".
Prenons quelque chose dans notre frigo, quelque chose qui ne soit pas une boîte de conserve, ils connaissent, plutôt du frais, une simple salade, des fruits.

Et allons au bois. En se conduisant comme si on allait chez quelqu'un, et si on dérange, s'excuser.
Les associations caritatives, le SAMU social font leur travail ?
Bien sûr, mais la solidarité ne se délègue pas aux "autres", même aux professionnels. Elle complète, renforce.
Parce que c'est l'affaire de tous.
Pensons à tout ce que j'aurais pu oublier.
Puisque ce bois est devenu foyers, apportons ce que le bois apporte dans nos cheminées : un peu de chaleur pour ce bois, trop froid.

Et si nous rencontrons un miséreux dans nos rues, n'allons pas au bois, donnons.

Nous qui avons un toit, parfois, pensons à ceux du bois.

Joyeuses fêtes à tous.