jeudi 10 janvier 2008

002 La vérité coule de source

02.12.2007
Il en est de la vérité comme de l'eau. Incompressible.
Remplissez une baudruche d'eau, et essayez de percer la baudruche avec la flamme d'un briquet, même un Zippo.
Vous n'y arriverez pas. Faites l'expérience.


Mais comprimez, opprimez, ça éclate, se répand.
Des torpilles, un feu nourrit d'attaques ? Elle bouillonne, siffle, s'évapore.
Mais de lourds nuages se forment, elle vous retombe dessus en pluies.
Étouffez le feu. Mais elle... pourrais vous noyer.

On lui barre le chemin ? Affabulations ?
Alors accumulation, puis débordement d'énergie, elle s'emporte, l'artifice cède, elle emporte tout l'édifice.
La force des gendarmes, la terreur par les armes, il en restera toujours les larmes.
Qui ne sécherons pas, formeront  un ru, puis une rivière, puis...

Elle se découvre, ne se forge pas.

L'évacuer, mais ce n'est qu'un transfert ; videz le pays des droits de l'homme de sa substance, ses vérités se retrouveront même là où l'on ne l'attend pas : Tunisie, Egypte, la Chine n'y échappera pas, pour son bonheur...

La contenir, l'enfermer, mais gare aux fuites. Même une gourde la conserve !

Tel un ru, qui sourd, et que d'autres rejoignent, voilà un fait, que les médias relatent, que la rumeur commente, comme une rivière tortueuse qui enfle, polluée, encore loin de tout aval.
En amont, l'unique source précise est claire.

La détourner, la dévoyer, en faire un délit ?
Mais elle est partout chez elle. Elle se refera un lit.
La colorer, la charger de boue, l'empoisonner ? Le temps fera son œuvre, laissant les résidus à nu.
L'ignorer, s'en priver, c'est mourir, se suicider.
Trouble ? Alors suspecte, imbuvable, même pas potable.
Si elle vous parvient goutte à goutte, alors elle se recueille, le compte-goutte mesure sa valeur.

La vérité est neutre, sans parfums et sans spectacle, insipide, sans odeur et sans saveur.

Elle ne s'adresse pas aux sens, mais au sens.
 Et coule toujours dans le même sens, avec gravité.

Rien à signaler ? Méfiez vous de l'eau qui dort.
J'en entends un hoqueter : "In vino veritas" Mettez de l'eau dans son vin.
Le premier jet est le vrai.
Elle vous désaltère, soutient le "bois" qui s'y roule, n'y coule, mais elle roule et altère sa langue.
On ne peut jongler avec.

A chacun sa vérité ?
Elle seule est partagée, universelle, parce que vitale.
Elle reflète, sans jamais mirer.
Elle n'aime pas la triche, ne cherchez pas à l'embellir, la maquiller, cela partira au premier lavage.
Parce qu'elle n'a pas de visage, pas même le vôtre.
Nul ne peut l'incarner, s'en revendiquer comme étant sienne.
Elle confond le faux et ne craint pas la faux, est source de vie.


Ah ! J'oubliais !
Il en est de la vérité comme de l'air.
Qui traverse les filets, ne peut s'enchaîner, qui tend la voile de l'histoire.
Souffles après souffles...


Patrice Hénin
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CITATIONS :
Qui ne gueule pas la vérité quand il sait la vérité se fait le complice des menteurs et des faussaires. (Charles Péguy).
Mais, la vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder. (Victor Hugo).
Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. (Georges Orwell).
" Il n'est point de secret que le temps ne révèle" (Jean Racine- Britannicus)
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