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vendredi 10 avril 2009

014 10 avril 2009 Xénophobie d'Etat

Ce livre électronique inachevé est en vente 3,99€ chez Lulu.com : http://www.lulu.com/product/ebook/phenix/18497384


Xénophobie d'Etat

Véronique LUCAS
Journaliste pigiste - SCOP Sapie
XX rue ...
31 000 TOULOUSE
Mob : 06 XX XX XX XX Courriel :
verolucas56@gmail.com


De la France, Solange França, universitaire brésilienne venue passer quelques jours à Paris chez des amis français, n'aura vu que la zone d'attente de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.
Parce qu'elle était en possession d'une simple attestation d'hébergement et non d'une attestation d'accueil officielle, elle a été remise aussi sec dans l'avion. Voici cette mésaventure telle que la raconte Solange França, dans un français parfait, et son ami français Yves Bellenand qui l'attendait à l'aéroport et ne l'a jamais vue arriver.

Le récit de Solange França
Comme tous mes amis le savaient, j'avais programmé d'aller à Paris en vacances, visiter un couple d'amis Yves et Riviane, fêter mon anniversaire, établir des contacts avec des instituts de recherches et d'enseignement, et de réaliser mon rêve de connaître la France.
Je suis partie d'Ilhéus le 9/4/09 à 12h32, destination Salvador de Bahia par le vol TAM 3680 puis de Salvador de Bahia destination Paris par le vol TAM 8068 arrivée à l'aéroport Charles de Gaulle à 14 heures le 10 /04/2009.
Au sortir de l'avion, j'ai été conduite sans aucune explication dans une salle de la police française. Une policière a alors demandé de vérifier mon passeport, mon billet d'avion de retour, l'argent disponible, l'attestation d'hébergement et mes assurances. Pour prouver mon hébergement j'ai présenté une attestation faite par Yves et Riviane
Bellenand, ce couple d'amis qui devaient m'héberger durant tout mon séjour à Paris.
Je lui ai expliqué que je n'avais pas d'assurances spéciales mais j'ai présenté ma carte d'assurance privée brésilienne, un bulletin de salaire émis par le gouvernement de l'état20de Bahia datant de mars 2009, montrant que je suis en activité à l'Université de Santa Cruz à Bahia (Brésil) comme enseignante-chercheur.
Sans autres explications, j'ai été conduite avec deux autres personnes vers une autre salle de la police dans laquelle se trouvait déjà un autre brésilien.
J'ai demandé des explications au policier à l'accueil mais il m'a dit de m'asseoir avec un ton de voix menaçant et agressif.
A ce moment là, j'ai réalisé que j'allais être expulsée de France et que je ne pourrais pas demander des éclaircissements parce que je craignais d'être considérée comme «agressive» ce qui pourrait aboutir à des événements encore plus graves comme par exemple être mise en prison sur le territoire français.
Plus tard un autre policier a mis des gants et a demandé au brésilien de le suivre dans une autre salle.
Dix minutes plus tard un autre brésilien a été aussi emmené.
Après deux policières ont demandé à deux autres filles qui nous avaient rejoints d'aller dans une autre salle. Après ça a été mon tour.
Dans cette salle il y avait mon sac à dos et mon sac à main. J'ai dû mettre tout sur une table et m'éloigner de mes affaires et les deux policières ont tout fouillé. Elles ont confisqué mon passeport et mon argent (200 réals, 100 dollars et 1800 euros).
A ce moment-là, j'ai demandé à nouveau des éclaircissements sur l'expulsion mais une policière m'a dit de «fermer ma gueule» sur un ton menaçant.
J'ai présenté mon bulletin de salaire, mes trois cartes de crédit (Visa Ourocard Platinum, Mastercard Ourocard Platinum et Ourocard Gold toutes émises par la Banque du Brésil), l'attestation d'hébergement et des e-mails des professeurs et collègues de travail avec lesquels j'avais l'intention de m'entretenir durant mes vacances.
En effet, j'envisageais de faire un post-doctorat en France dans un futur proche. J'ai montré l'e-mail du professeur Henri PLANA (professeur français à l'UESC - Université de l'Etat de Santa Cruz à Bahia, Brésil) qui est en ce moment en stage post-doctoral au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille), de Michel Jean DUBOIS (français, biologiste, qui travaille à Intervivos (
www.intervivos.fr ) et de Marcelo DE PAULA CORREA chercheur brésilien, en stage post-doctoral au LATMOS (Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales).
J'ai expliqué que je n'avais pas d'invitation officielle pour visiter ces laboratoires parce que j'étais en vacances, mais que, même en tant que touriste, et comme coordinatrice de recherches de l'UniversitA 9, j'allais aussi prendre des contacts professionnels pour envisager un post-doctorat et pour articuler avec des institutions françaises la soumission de projets dans le cadre du 7ème Programme pour l'Investigation et le Développement Technologique de la Communauté Européenne.
Quand j'ai demandé à cette policière comment je pourrais inverser la situation, elle m'a informé que ce serait seulement possible grâce à une intervention de l'ambassade du Brésil en France, et que dans la salle ou j'allais être «détenue», il y avait un téléphone et que je pourrais m'en servir. La même policière m'a donné le numéro de téléphone de l'ambassade.
J'ai été conduite dans une salle de détention ou il y avait déjà 5 autres personnes.
J'avais uniquement les vêtements que j'avais sur moi, un papier avec les numéros de téléphone de Henri et de Riviane et celui de l'ambassade. Mon sac à dos et mon sac à main sont restés par terre dans un couloir d'accès à cette salle et mon passeport et mon argent ont été retenus par la police française.
J'ai appelé le numéro de l'ambassade qui répondait seulement avec un répondeur indiquant un numéro à contacter pour les urgences. J'ai laissé un message sur un deuxième répondeur pour expliquer ma situation. Détenue dans un aéroport d'un autre pays, désespérée, espérant une aide officielle du Brésil je n'arrive à parler qu'à un répondeur.
Le temps passait, quelques personnes désespérées, d'autres en larmes dans une salle pas propre et où il y avait seulement dix places assises avec un unique téléphone disputé par tous. L'énervement, le sentiment d'insécurité et le désespoir augmentaient.
Je crois vers 17 heures (je n'avais pas de montre) on nous a apporté de la nourriture dans un sac: une boite de salade au thon, un morceau de pain, un paquet de chips, une bouteille d'eau et un dessert crémeux de bananes et pêches qui a servi à écrire les numéros de téléphones que nous obtenions sur le mur de la salle de détention (nous n'avions ni papier ni crayon !).
Vers 18 heures nous étions tous conduits de nouveau dans la salle du département de police où un interprète allait nous signifier que nous quitterions la France par le premier vol et que la seule solution était de signer les termes du refus d'entrée en France composé de 5 pages toutes écrites naturellement en français.
Puis on est retourné dans la salle de détention ou j'ai réussi à avoir au téléphone un fonctionnaire du consulat du Brésil qui était au courant de ma situation ayant écouté le répondeur et ayant parlé avec mon ami Henri.
Il m'a informée qu'il=2 0ne pouvait rien faire et que je devais retourner au Brésil.
J'ai réussi à parler avec Yves et Riviane qui étaient toujours à l'aéroport et qui avaient déjà fait des tentatives inopérantes pour prouver qu'ils allaient vraiment m'héberger chez eux.
Vers 21 heures, le 10 avril 2009, la police m'a rendu mon argent et j'étais conduite avec 16 autres brésiliens escortés par 10 policiers, à la porte d'embarquement pour prendre le vol Tam JJ 8055 destination Rio de Janeiro.
En arrivant à Rio le personnel de la TAM - inefficace et montrant leurs préjugés - m'ont rendu mon passeport et j'ai été conduite à la police fédérale brésilienne pour ensuite prendre le vol TAM JJ 8068 destination Salvador de Bahia, et après le vol TAM JJ 3660 destination Ilhéus.
Ce message bien que long ne parvient pas à dire la grande frustration, la peur, l'insécurité, le manque de respect et les préjugés que j'ai vécus durant ces 75 heures.
Présentement je voudrais que les autorités brésiliennes et française prennent connaissance de «l'événement» que j'ai vécu et aussi donner des éclaircissements.
En fait, ce qui devait être un cadeau d'anniversaire a généré beaucoup de souffrances.
Cordialement
Solange

Le récit d'Yves Bellenand
Honte et révolte sont les deux sentiments qui m'animent depuis vendredi dernier. Honte d'être français et révolte contre un pouvoir qui a comme ligne de conduite la répression dans tous ses états !
Les faits : Vendredi 10 avril , 14 heures, je suis à l'aéroport Charles de Gaulle venu accueillir notre amie brésilienne Solange França qui vient passer trois semaines avec nous. C'est l'occasion pour elle de fêter son 40ème anniversaire et de prendre aussi des contacts professionnels en vue d'un post-doctorat. Solange est professeur-chercheur à l'Université Santa Cruz de Bahia.

L'avion s'est posé à 14 heures. 15 heures, Pas de Solange !
15h30, j'interpelle un policier et lui demande si tous les passagers sont sortis de la salle de débarquement. «Non, il y en a encore en salle de police !»
16h, inquiet, je demande à un douanier qui passait s'il veut bien me dire si Solange França a quelque problème. Il revient dix minutes après: «la personne est retenue par la police parce qu'elle n'a pas tous ses papiers en règle. Vous devez vous rendre dans la zone de fret 1 à ZAPI 3»
Aucune indication dans la zone de fret 1 ne signale la ZAPI 3 ! Je finis par trouver.
Là j'expose la situation et on me dit qu'on ne peut me donner aucun renseignement, les personnes détenues n'étant pas encore transférées en Zone de détention. Elle me donne un numéro de téléphone à appeler entre 19h et 20h et me fait comprendre que je ne peux rester là.
Vers 18h nous réussissons à avoir la ZAPI au téléphone «deux problèmes :
"attestation d'hébergement non officielle et problème d'assurances."
Nous arrivons devant la grille de la ZAPI à 19h20 Là, «c'est fermé revenez demain matin à 8 h.»
Nous nous rendons à l'aéroport et nous demandons à voir l'officier de police de quart. Nous expliquons à un policier que nous n'étions pas au courant de l'attestation d'accueil délivrée par la mairie ou la préfecture mais que nous avons fourni une attestation d'hébergement sur papier libre.
L'officier de quart dit «impossible !»
Notre amie a été renvoyée dans son pays à 21 h 50 sans qu'on ait pu la voir !

Je suis révolté, non seulement par les conditions de détention, mais aussi par la désinvolture et le manque d'humanité qui ressort de cette lamentable affaire, et plus encore par la restriction de nos libertés individuelles qui découle des conditions de l'établissement de cette «attestation d'accueil» officielle qui est demandée par l'Etat français aux étrangers venant de l'extérieur de l'espace Schengen.

En effet renseignements pris, on demande l'avis d'imposition de la personne qui accueille, trois quittances d'électricité, une quittance de loyer, l'état de salubrité du logement et la photocopie de la pièce d'identité entre autres renseignements et 45 euros de timbres fiscaux.
Et la mairie ou la préfecture peuvent ne pas autoriser l'accueil. La France a vraiment perdu son aura de «terre d'accueil».
N'avons-nous plus le droit de recevoir nos amis étrangers sans en demander l'autorisation ? C'est une restriction de plus de nos libertés individuelles.

Si comme moi vous êtes choqués et honteux faites passer ce courriel à tous vos amis. Merci.

Yves Bellenand

dimanche 8 mars 2009

002 19_juillet_2006 Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration

A propos de mon interview lors d’un sondage auprès des habitants du 12ème arrondissement de Paris, sur l’intérêt de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration.

Rendez-vous à la Cité Nationale et patati et patata, on branche le micro et on me questionne.
Ces réflexions me sont venues au cours de l’entretien, ce qui explique que parfois je perdais le fil de la discussion, suivant plutôt le fil de mes pensées.
Mes pensées ont même dérivées vers un lien logique entre l'immigration et la présence de l’aquarium !

"Je vous comprends tout à fait sur ce point : l'Histoire de l'Immigration et vous remercie d'agir sur ce sujet à la CNHI. Cette diversité culturelle de la France n'est pas uniquement actuelle, mais historique.

Mais pourquoi avoir choisi comme début les années 1820, le règne de Louis Philippe le restaurateur, qui a mis pas mal de monde à la porte, et non pas depuis le début de l'histoire connue des siècles passés sur notre petit bout de planète ?

Au moins l'époque gallo-romaine, qui a façonné nos dialectes d'oc et d'oïl. Et celle de nos voisins limitrophes.
Lorsque votre équipe grossira, je suggère qu'au sein de ce module "Histoire de l'Immigration", pour augmenter l'espace-temps vers le passé, une équipe se consacre aux premières migrations importantes vers la France. Les premières immigrations d'alors s'appellent migrations, donc hors sujet ?

Exact, mais lorsque le sujet est intéressant, on aime l'étude exhaustive, pour connaître tous les aspects et regards pour appréhender le sujet.
Je verrais bien une section de votre équipe qui présenterais "l'avenir de notre pays par déduction de son passé, des faits actuels". Et pas uniquement une histoire de "l'Immigration de 1820 à nos jours". Augmenter l'échelle temporelle, vers le passé et l'avenir me paraît enrichissant et justifié.

Je comprends le choix du mot "national". La nation française, dont je suis fier, est un sous-ensemble de l'Europe, elle-même un sous-ensemble de NOTRE planète à tous. D'autres pourraient, pertinemment, la limiter à l'espace francophone. Donc il s'agit de faire connaître l'histoire de notre pays.

Comme il me paraît difficile de fermer les yeux et de rester aveugle dès que notre regard butte sur une frontière, parfois une chaîne de montagne, parfois le trottoir d'en face (en Belgique), l'histoire de notre pays, implique que l'on découvre les pays voisins, surtout s'il s'agit d'immigration.

Donc, augmentons l'échelle spatiale, en tenant compte des conséquences de notre appartenance à l'Europe, au monde francophone, au monde entier.

En effectuant récemment une mission de formateur auprès du CyberAgora d'Emmaüs, au 32 rue des Bourdonnais à Paris, j'ai rencontré un américain (Craig, informaticien, agrégé de mathématique, violoniste de jazz par passion, qui a choisi la rue !), trois nigérians, des algériens, marocains, des français de souche, un chinois, une russe, et d'autres, parmi les SDF que j'ai rencontré dans ce cybercafé mis à leur disposition.

Impossible de parler d'histoire de l'immigration en France sans évoquer tous ces pays, pas uniquement francophones.

Je suis donc d'accord avec votre idée, au point que je voudrais l'amplifier, la développer, la compléter, au niveau européen, jusqu'au niveau mondial, nature y comprise.

Nature comprise ? Oui, parce que je pense que les conditions climatiques, provoquent des migrations. Nous n'en sommes pas encore au point où les iles Seychelles sont submergées (ce seraientt les premières à disparaître), mais nous avons déjà des immigrants qui fuient leur pays, désertiques, par manque d'eau, tout simplement. Ou de nourriture.

Je crains que le nom qui a été choisi pour ce Palais de la Porte Dorée, la "Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration" (ouf !), ne provoque des polémiques, l'immigration étant devenue un sujet très sensible ! Cela va être perçu comme une "Cité", mot encore sensible!, "Nationale" 'Brrr !) de l'apologie de "l'Immigration".

Beaucoup de personnes à qui j'ai parlé de ce nom, ont immédiatement réagies dans ce sens. Danger !
Parce qu’il existe un véritable rejet de l’immigration en France, et dans presque tous les pays dits riches.
A vouloir trop faire oublier la colonisation et ses méfaits, j'ai peur que l'on obtienne l'effet inverse, en inversant le sens des migrations (colons émigrant outre-mer, maintenant les anciens colonisés immigrants).
Cela va apporter de l'eau au moulin de ceux qui craignent d'être noyés par les flux d'immigrés de l'est, du sud, et maintenant de Chine, des Indes, des Amériques.

"La France terre d'accueil" ? Oui, du temps où l'asile politique était un devoir.
Mais "la France ne peut accueillir toute la misère du monde" ?
Pour la majorité dans notre pays, oui ; d'après les derniers sondages : Front National 25/30 %, UMP : 35/40 %, cela fait au moins 60/70 %.

Oui, aujourd'hui il s'agit d'asile pour cause de misère, et parler d'immigration est perçu comme une ruée pour partager notre gâteau, et beaucoup pensent que les parts sont injustement de plus en plus petites. Pas de place ! L’invasion des barbares, pour certains, des délinquants en herbe, pour les autres.

Pourtant, historiquement, pré-historiquement, les premiers hominidés venus d’Afrique, sont partis pour l’Asie, se sont intéressés un peu tard à l’Europe, et par erreur ont découvert l’Amérique, reviennent chez eux. Les berbères, caucasiens revenus en Afrique, sont nos aïeux, aux yeux bleus.

En 1943/44, on avait besoin de chair à canon. L'armée du Rhin et Danube honore encore ses africains, avec sincérité. C'était l'empire, point de races ni de religions, tous appelés à verser leur sang pour LE PAYS.
On les a appelés à l'aide, parce qu'ils étaient français ! Ils sont venus, en chantant :

Le chant des africains 1944 (extraits):
Refrain
C'est nous les africains qui arrivons de loin
Nous venons des colonies pour défendre LE PAYS
…
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de NOTRE FRANCE ENTIERE
….

Battez tambours (bis)
A nos amours (bis)
(bis)
Pour LE PAYS
Pour LA PATRIE
Mourir au loin
C'est nous les africains.

Premier couplet
Nous étions au fond de l'Afrique
Gardiens jaloux de NOS COULEURS (ironie ?)
…….
……
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs.
(Note de Patrice :
Versez votre sang
Hommes de couleur
Pour nos couleurs
au feu, au premier rang
)

Deuxième couplet :
Pour le salut de NOTRE EMPIRE
……
……
Serrons les rangs

Troisième couplet
DE TOUS LES HORIZONS DE France
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
……….
………..
Serrons les rangs

Quatrième couplet (celui-là, j'ai la gorge serrée)
Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons à nos gourbis (Qui a dit ? : Ouf !)
Le cœur joyeux et l'âme fière
D'avoir libéré LE PAYS
En criant, ….
Serrons les rangs.

Petite note historique : le mot péjoratif bougnoul viendrait du mot bougnoulats, nom donné avec affection par les lorrains, qui ont admiré le courage des tirailleurs sénégalais et marocains du 23ème régiment d'infanterie coloniale, qui s'étaient illustrés par leur pugnacité en Champagne, au Chemin des Dames, pendant la guerre 14-18.
Les temps ont changés, il n'y a plus de boches, donc de bougnoulats, que des bougnoules.

Dans un passé récent, les années 50 de la reconstruction, il nous fallait d'urgence faire des cités modernes, avec salles de bains, WC, luxe introuvable dans les beaux mais vieux immeubles de Paris.
La France a donc fait appel aux italiens, espagnol, portugais, cela n'a pas suffit, alors, en dernier (!), les maghrébins, les africains. Certains sont rentrés au pays, enrichis ou écœurés. D'autres ont fait souche, les européens seulement.

Aujourd'hui, notre devoir, est d'aider les immigrés déjà installés a être des français intégrés, de plein droits, et non désintégrés : porter la main à son cœur, ou s’incliner, au lieu de se serrer la main, d’accord ! 80 % des infections se transmettent par les mains !

La France étant historiquement de toutes origines, l'histoire de l'immigration est donc d'un grand intérêt.

Mais que le français soit réellement enseigné à l’école. La langue, c’est le creuset des mêmes valeurs, de la façon de penser.

Notre devoir, et notre meilleur moyen de vaincre les appétits envers notre petit gâteau, pour ceux qui y tiennent, est vraiment, maintenant, réellement, efficacement, de lutter contre la misère là où elle se trouve, chez nous, et surtout ailleurs.

Cela dépasse le cadre national, et ne doit surtout pas être l’affaire d’une nation de patriotes, qui agiront nationalement au nom de leurs valeurs.
Seule l’Union Européenne semble porter en germe la possibilité d’accomplir cette mission (voir ma note "l'Union Eternelle").

Faire découvrir la diversité culturelle dans ses habitats d'origine, et surtout la nécessité d'aider ces pays. De même pour les animaux, qui ne sont heureux que dans leur écosystème, demandez aux poissons de l’aquarium, ils préfereraient être dans leur habitât naturel, on aime tous son "chez soi".

Je dérive, je délire, je fais l’amalgame entre les piranhas, les crocodiles et les envahisseurs.
Non, il y a un rapprochement à faire entre l’homme et les animaux, en matière d’immigration.
Les tortues de Floride, si mignonnes dans leur aquarium, et si envahissantes une fois relâchées dans notre nature française, parce que trop grosses dans l'aquarium du salon !

Ce projet culturel est un sous-ensemble des deux aspects de la diversité, culturelle, ethnique, et la biodiversité, naturelle (Aquarium et zoo).

Si ce projet se limite, sous ce nom par ailleurs trop long, non mémorisable, inspiré par des polémiques trop actuelles, nous perdons toute chance de pérenniser avec élégance toutes les beautés cachées dans ce mot : Diversité : des hommes, des cultures, de la biodiversité.

lundi 5 juin 2006

1957 Tebessa

Ce livre électronique inachevé est en vente 3,99€ chez Lulu.com : http://www.lulu.com/product/ebook/phenix/18497384



C’est avec retard que je fais mon petit compte-rendu du film "La bataille d'Alger", projeté en plein air sur la pelouse de Reuilly, (emplacement de la Foire du Trône, Paris 12ème).

L'empire français ?
AVANT :
Le chant des africains 1944 (que les anciens de la 1ère armée française, Rhin et Danube, et des troupes de marine, aiment et aimaient entonner à la fin de leur réunion)

Refrain
C'est nous les africains qui arrivons de loin
Nous venons des colonies
Pour défendre LE PAYS
Nous avons laissé là-bas nos parents, nos amis
Et nous avons au cœur
Une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de NOTRE FRANCE ENTIERE
Et si quelqu'un venait a y toucher
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambours (bis)
A nos amours (bis)
Pour LE PAYS
Pour LA PATRIE
Mourir au loin
C'est nous les africains.

Premier couplet
Nous étions au fond de l'Afrique
Gardiens jaloux de NOS COULEURS (ironie)
Quant sous un soleil magnifique
Retentissait ce chant vainqueur
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs.
(Note de Patrice :
Versez votre sang
Hommes de couleur
Pour nos couleurs
Au feu, au premier rang
)

Deuxième couplet :
Pour le salut de NOTRE EMPIRE
Nous combattons tous les vautours
La faim, la mort, nous font sourire (NoteDePatrice : aujourd'hui aussi?)
Quant nous luttons pour nos amours
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs

Troisième couplet
DE TOUS LES HORIZONS DE FRANCE
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs

Quatrième couplet (celui-là, j'ai la gorge serrée)
Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons à nos gourbis
Le cœur joyeux et l'âme fière
D'avoir libéré LE PAYS
En criant, en chantant, en avant
Serrons les rangs.

Vous connaissez les paroles, voici le chant :



http://www.youtube.com/watch?v=vTnKJuXVRsc&feature=player_embedded

PENDANT :
Le film sur la vraie libération de LEUR PAYS !
Quelques éléments extraits du site Allo-Ciné http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=7259.html
Pour ceux qui ne veulent pas quitter la lecture de ma superbe note, quelques extraits copiés-collés de cette page Allo-Ciné :


DEBUT EXTRAITS
Synopsis : en 1957, l'affrontement sanglant entre les paras du colonel "Matthieu" (Massu) et les troupes (on dirait aujourd'hui Terroristes) du Front de Libération National dans la Casbah d'Alger.
Date de sortie : inconnue
Réalisé par Gillo Pontecorvo
Avec Jean Martin, Yacef Saadi, Brahim Haggiag
Film algérien, italien.
Genre : Historique
Durée : 1h 30min.
Année de production : 1966
Titre original : La Battaglio di Algeri

Un souci d'authenticité :
Histoire et fiction sont intimement liées dans le film. Ce dernier voit en effet le jour grâce au concours des autorités algériennes, qui en subventionnent, supervisent et contrôlent l'exécution. Elles sont représentées en la personne de Saadi Yacef, directeur de Casbah Films, et surtout, ancien chef politique du F.L.N pour la zone d'Alger. Il joue son propre rôle dans le film, à travers un scénario inspiré de ses propres souvenirs.
Malgré un Lion d'Or à Venise, un prix de la Critique à Cannes et trois nominations aux Oscars, La bataille d'Alger, interdit de diffusion en salles, doit attendre 1971 pour obtenir son visa d'exploitation en France. Mais à la suite de pressions et de menaces, il est très vite retiré des écrans.

Une projection du film eut lieu le 27 août 2003 au Pentagone, à laquelle ont assisté des officiers d'Etat-major et des civils. Dans son édition du 7 septembre, le quotidien américain The New York Times faisait état de propos tenus par un responsable du ministère, déclarant que "ce film donne une vision historique de la conduite des opérations françaises en Algérie" et que "sa projection était destinée à provoquer une discussion informée sur les défis auxquels les Français ont dû faire face". En d'autres termes, le haut commandement américain tentait d'étudier les erreurs de l'occupation française en Algérie afin de trouver une issue aux drames suscités par la présence des troupes américaines en Irak.

Le 9 janvier 2004, le film ressort sur les écrans aux Etats-Unis. Après une projection spéciale deux jours plus tôt à Bethesda (Washington, DC), en présence de Saadi Youcef, La Bataille d'Alger est montrée à New York, Los Angeles, Pasadena, Chicago, Washington, et plus d'une douzaine de villes des Etats-Unis. Suivi d'un remarquable accueil critique et public, le film rapporte plus de 500 000 dollars de recettes.
FIN EXTRAITS


Je suis arrivé à la pelouse de Reuilly un peu tard, je n'ai pas assisté au premier débat de la ligue des Droits de l'Homme, mais j'ai entendu un intervenant qui rappelait que le colonel Mathieu avait expérimenté sur lui-même la "gégéne" : "C'est très douloureux, mais supportable, je regrette vraiment d'avoir recourru à cette méthode qui me paraissait indispensable à l'époque."

J'ai reconnu Gilles Manceron, président de la ligue des droits de l'homme en France.
Temps superbe, une quarantaine de personnes seulement, plus un moustique, qui n'a pas voulu admettre que c'était ma place.

Alors voici l'histoire de "La Bataille d'Alger".
Avec mon ressenti : tenez compte du fait que j'avais 7-8 ans en 1956-57, lorsque mon père parachutiste a été affecté en Algérie. Je ne peux m'empêcher d'entremêler mes propres sentiments en comparant ce dont je me rappelle vaguement, et la révélation que m'a apportée ce film.

Mon père n'a pas participé à la bataille d'Alger, mais se battait dans les djebels. Au début, j'étais heureux d'être en Algérie : c'était calme, les gens étaient gentils, les arabes, les pieds-noirs un peu moins, aucun n'étaient français, aux yeux de mes parents et de leurs amis militaires ou fonctionnaires.

Dans le film, tous l'étaient, aux yeux de l'administration, et ce film explique que là aussi, la ville était coupée en deux :
tous les droits pour les uns, dans la magnifique Alger l'européenne,
aucun droit pour les autres, dans la mystérieuse et louche Casbah, un entrelacs de ruelles si étroites qu'elles sont en fait des couloirs plein d'escaliers, qui tournent et montent cette colline de la vieille Alger, la vraie.
Et qui se terminent souvent en cul de sac, pour les occidentaux. Mais en fait chaque porte en bois est une sortie privée.

Il y a donc deux Algers, l'européenne et la Casbah, l'historique.

Pour moi, tout était beau, en Algérie. Je me sentais plus chez nous que dans les Landes, où on me traitait de "parisien, tête de chien, parigot, tête de veau". Ou bien "sale fils de para".
On vivait bien sûr dans les villes européennes, pleines d'avenues droites aux superbes arcades.
Flash-souvenir : le film King-Kong...
Philippeville, Siddhi-Ferruch, Beaune, mon premier "snack-bar" (snack, c'est un mot arabe, papa ?), dans toutes les villes, toujours des avenues à arcades, le soleil.

J'étais enfin fier d'être fils de para, et nous sommes partis pour Tébessa, ville frontière avec la Tunisie, en convoi militaire.
Au cours du voyage, tous les GMC s'arrêtent, on nous fais descendre dans le ravin, les bidasses rampent vers le sommet de la colline. Fausse alerte, pas d'embuscade. J'étais très excité, et déçu par cette fin en queue de poisson. Je voulais être militaire, comme mon papa.



Les "fellagas" faisaient des incursions puis se réfugiaient en Tunisie, mon père se levait à 4 heure, partait en opération, le soir allait au mess arroser le fait de rentrer tous en vie, et rentrait. Il rentrait tous les soirs, jamais je n'ai eu peur.

Mais un soir, un soldat complètement bourré vient chez nous, très, trop gai.
- Ça été dur, aujourd'hui ! Mais m'ont pas eu ! Qu'le chapeau de brousssss ! Voyez l'trou !
C'est NOUS qu'on les a eus !
- Où est mon mari !!!!
- sais pas, il arriive- ve ! Hic !
- pourquoi il n'est pas là!!

Moi j'avais deviné, je me marrais. Il ne voulait pas dire à maman que papa se torchait au mess. Ça avait trop dur ce jour-là. Jamais il ne me serais venu à l'idée que mon papa puisse ne pas revenir.
- mais maman, papa il rentre tous les soirs !

Dans mes souvenirs, l'école grillagée (en cas de grenades) au beau milieu de la caserne, mon terrain de jeu favori. Sur mon agenda d'écolier, à la rentrée, un dessin d'une fillette courbée sous le vent qui faisait tournoyer des feuilles mortes, à la page septembre. Nostalgie du pays. Marre de ce soleil sans saisons.

L'odeur des tentes, des bâches des quatre-quatre, GMC, d'essence. L'odeur des noirs en entrant dans leur tente surchauffée. Je leur disais "vous sentez toujours la sueur", ils me répondaient en riant gentiment : "et toi, petit, tu sens le cadavre, comme tous les blancs !"
Pas de harkis dans cette caserne ? Pas fous, les paras.

Si, il y avait un harki : notre logeur. Dessinez un carré, avec un couloir au milieu. Vous avez les murs. A gauche, les arabes, la cuisine et son frigo à pétrole, et une pièce.
A droite, deux pièces : des tentures épaisses en guise de cloisons. Le harki tellement alcoolique que sa seule fonction était de garder le monument aux morts.

Sa fille, à peine plus âgée que moi, avec qui je jouais, mais uniquement en face de la maison, ou mieux, dans la cour de leur, notre casbah. Mais dehors, dès qu'elle passait le coin de la rue, elle m'ignorait. Jamais compris pourquoi, jusqu'à ce film. Il y avait une école coranique à côté.

La femme arabe, tellement gentille qu'elle me faisait des beignets dans la cour. La première fois, ma mère s'est précipitée, et l'arabe s'est mise à manger mon beignet. Je ne l'ai pas trouvée très polie, la maman arabe, elle venait juste de me le tendre !

Et un jour, le drame : la femme se réfugie dans la partie droite, en larmes.
C'était interdit, pas les larmes, mais de venir à droite, "chez nous".
Je l'entends expliquer à ma mère que son mari est devenu fou. Il se serait installé dans une chaise-longue à l'entrée, son fusil d'assaut entre les jambes, bien décidé à tuer toutes les femmes, sa femme, sa fille, ma mère, si elles sortaient. Ma copine était où ? M'en rappelle plus. La femme essaie de faire comprendre à ma mère, en sanglotant, qu'elle avat beau être française, elle était une femme et qu'il la tuerai.
Et qu'il n'y avait qu'une solution. Seul le petit, un garçon, pouvait sortir, aller à la caserne chercher du secours. Ma mère hésite longuement, l'autre mère insiste en étouffant ses pleurs sous son voile.

J'obéis à ma mère, je sors dans le couloir, passe devant la chaise-longue. Merde, le harki, se lève brusquement, va dans la cuisine, pousse la tenture de colliers de perles anti-mouches en se servant de son fusil comme d'une canne, ouvre le frigo à pétrole.

Il me montre son verre, et me dit "tu vois, garçon, je je bois de de l'eau !". Je lui fais un signe de la main en souriant, parce qu'il titube comme un clown, une sorte de "au revoir" et sors.
Plus je m'éloigne de la casbah, plus je cours vite. A la caserne, un sergent ne m'a pas cru, et me ramène à la maison.
Mais une foule devant la porte, des cris.
Le fou avait tiré. La balle de son puissant fusil avait ricoché contre le sol, le mur, pour lui revenir dans le ventre. Je n'ai rien vu, on ne m'a pas laissé entrer. J'ai appris plus tard qu'il était attaché sur son lit d'hôpital.

La bataille d'Alger, je l'ai compris en voyant le film, avait été gagnée par le colonel "Matthieu", pendant ce temps. C'est pour cela que les fellagas étaient en Tunisie. Et nous à Tébessa.

La Casbah ? J'en ai vaguement entendu parler, quant mon père a été affecté à Alger, après la bataille. Fallait pas y aller, "ils kidnappent les fils de militaire, ils donnent des bonbons avec des lames de rasoir dedans". La rébellion avait été matée. Je n'ai rien su.

Flash-souvenir : le mendiant alcoolique en bas de chez nous. Il buvait de l'alcool à bruler !

Ma mère a voulu visiter, et moi aussi. Mais l'atmosphère était tellement lourde, que nous sommes rentrés chez nous.

Dans le film, après avoir montré la division des 2 mondes (pour moi des 3 mondes, arabes, pieds-noirs, nos familles de militaires), ils expliquent la reprise en main des mœurs décadentes de la casbah par le FLN : plus d'alcool, de prostitution, ni même de cigarettes.

Puis commence très vite l'histoire d'Ali La Pointe. Un illettré, boxeur, vivant de petits boulots, un parmi les innombrables algériens qui ne supportait plus les humiliations quotidiennes, d'être payé avec un lance-pierre, au propre !

Un jour, c'en est trop, un pied-noir lui fait un croc en jambe alors qu'il courait. Boxeur, il l'étale d'un seul coup de poing, crime de lèse-pied-noir. Surpris du manque de réaction de la bande des jeunes fêtards médusés, il prend conscience d'une force inutilisée : le nombre.

Ali La Pointe décide de rejoindre le FLN. Une femme toute voilée de blanc, lui donne sa première mission, d'un chef invisible qu'il n'a pas le droit de rencontrer. Sa mission ? Abattre un policier dans le dos, à la sortie du café, où il a l'habitude de prendre un verre, le patron étant un indic.
La femme lui fournira l'arme juste avant de tirer, dans la foule de la ruelle.
Ali trouve cela bizarre de ne pas avoir l'arme tout de suite, mais il accepte.
Dans la rue, remplie d'une foule d'arabes, Ali La Pointe emboîte le pas du policier, la femme sort le pistolet de son panier, le lui glisse.

Mais au lieu de tirer dans le dos, Ali La Pointe se précipite en face du policier, qui semble plus figé par l'incrédulité que par la peur (ils jouent tous merveilleusement bien dans ce film), et avant de tirer, Ali s'écrie à l'adresse de la foule "vous voyez, mes frères, il ne faut pas avoir peur, c'est nous les plus forts, les plus nombreux", et il tire.
Plusieurs fois.
Aucun coup ne part, la foule renverse le policier, le submerge, et Ali, furieux, rejoint la femme et s'enfuit avec elle.

Une fois chez elle, elle lui dit simplement, je te conduis à celui qui t'a confié la mission.
Le chef lui explique alors pourquoi il n'y avait pas de balles :
"Si je t'ai ordonné de ne pas tirer sur le cafetier, ne tire pas sur lui, c'est quand même un algérien, et si tu avais été un indic des français, tu aurais tué le cafetier-cafeteur. Mais tu n'aurais pas tiré sur le policier français. Et je t'avais dit de tirer dans le dos, pour que tu puisses fuir, couvert par la foule. Tu es des nôtres. Je vais te présenter un autre combattant, tu ne connaîtras que lui et moi. Moi, j'en connais un autre, qui me donne mes ordres, et personne d'autre. Si tu es arrêté, essaye de tenir 24 heures, après, tu dis tout. On sera loin".
Plus tard, dans le film, le colonel Massu expliquera à la presse la nécessité d'obtenir des aveux rapidement, par tous les moyens, sans trop préciser lesquels, justement à cause de cette tactique.

Premiers attentats, premières ratonnades chez les pieds-noirs, contre les "crouilles". Mais la plupart du temps des innocents, ceux qui viennent travailler dans la ville.
L'un des "ratons" assis sur un trottoir chez les pieds-noirs, se fait insulter des balcons, il prend peur, s'éloigne, puis commence à courir : un aveu. S'il court, c'est qu'il n'a pas la conscience tranquille. La police l'arrête. La peur et la surprise de chacun est très bien rendue dans ce film.

Peur et surprise : la Casbah, la honte d'Alger l'européenne, est entourée de sacs de sables, de points de contrôle. En France, on ne comprend pas. Un policier à Alger leur explique au téléphone, "ils ne peuvent être qu'une poignée de voyous, cela fait 130 ans qu'ils nous aiment, dans ce pays !"

L'armée arrive en renfort, des appelés pas très expérimentés. Ils embarquent un pauvre vieux pas très reluisant, donc dégoutant aux yeux des bidasses, pas de passe : "j'li ai oublii, y retourne chi moi li cherché" : allez, les flics, embarquez le !

Un autre bidasse commence a fouiller une femme toute de blanc vêtue et voilée. Elle se met dans une rage folle, hurle, un soldat intervient, explique au premier "tu ne sais pas qu'il ne faut pas toucher à leurs femmes !"
Mais les attentats se poursuivent dans la ville européenne. Alors la haine et la panique augmentent, les contrôles sont plus hargneux, la Casbah devient une vraie prison, mais du même coup, elle est nettoyée de ses indics, pour le FLN .

Des enfants jouent un rôle cruel dans ce film. Une scène les montre s'acharner sur un vieil alcoolique qui essaye de monter un interminable escalier. Ils le chahutent jusqu'en haut, où il finit en rampant. Et la meute d'enfants se déchaînent, le font rouler sous les coups jusqu'en bas. Il ne se relève pas.

L'humiliation subie à tout instant aux points de passage, amène le FLN à une autre tactique. Des femmes dévoilent leur courage, se dévoilent, coupent leurs cheveux, se maquillent, sous les yeux horrifiés de leurs mères en pleurs. Ces jeunes filles sont presque inexpressives, déterminées, elles font penser à des robots que rien n'arrêtera.

Effectivement, ces jolies arabes "occidentales" passent sans problèmes les points de contrôles, sous les compliments des appelés dragueurs, contents de voir qu'il y a des femmes qui semblent préférer la civilisation, les pauvres, obligées de vivre dans la Casbah, on ne peux pas les tracasser, ces mignonnes, fouiller dans des sacs à main féminins. Vous feriez cela à Paris ?

Donc, arrivées chacune dans leur café assigné, elles déposent leurs sacs à main, elles ont toutes réglées leur montre, s'installent chacune dans un lieu de débauche où les civils dansent, insouciants. Elles s'en vont, tout le monde le comprend, on n'arrête pas de les draguer.
Ce furent les dernières explosions dans l'Alger européen.

Maintenant, les français métropolitains commencent leurs ratonnades, à Paris.
D'autres se demandent pourquoi on envoie leurs enfants guerroyer deux ans pour ces pieds-noirs. Les bidasses écrivent à leurs familles. Racontent. Non, ce n'est pas un département français, c'est un peuple qui résiste à l'humiliation. Oui, on torture, comme la Gestapo.

Sous les applaudissements, arrive en fanfare le colonel Massu. Vive les paras ! Ils se sont battus en Indochine et ce n'est pas la jungle, ici ! On va gagner, les mater.
Le colonel Matthieu briefe ses hommes : "Certains d'entre vous ont peut-être attrapé le ténia."
A cet instant du film, je souris. J'ai eu le ténia en Algérie. Je maigrissais à vue d'œil. C'est donc un ver tenace ?
Massu explique à ses hommes qu'il suffit de tuer la tête du FLN, comme pour tuer un ténia.
"Le chef connaît deux hommes, qui à leur tour en connaissent deux autres. C'était un peu la base de l'organisation des résistants français, ainsi qu'en Indochine. Le tout compose un ensemble de pyramides."

Mais c'est la grève générale. Perte de temps. Alger au point mort. La Casbah meurt de faim, malgré les provisions. Et le colonel poursuit et accélère les traques, fait parler les prisonniers.
Je vous passe les scènes violentes des descentes dans la Casbah. Les chefs du FLN sont tués, ne se rendent pas, sauf un, qui ne peux rien dire, de toute façon, il n'y a plus personne a dénoncer plus haut, c'est lui le chef.
Un autre, découvert, préfère se faire sauter, en même temps que les soldats qui l'ont cernés.

C'est donc bien vrai, mon père m'avait dit que techniquement, la guerre d'Algérie avait été gagnée par les paras. Alors pourquoi avoir accordé l'indépendance ?
On le comprend dans le film.
Après deux ans de calme, mais de méfiance et défiance, un jour, tous les algériens envahissent par milliers la ville d'en bas, une foule immense, brandissant des drapeaux algériens faits de chiffons, fabriqués avec n'importe quoi. On peut ratonner un groupe, on peut bloquer tous les accès de la Casbah, on ne peut plus mater ce qui est partout, unanime, la force d'une peuple devenu nation qui a eu trop d'humiliations.

Parce que le colonel a commis une seule erreur, sous les yeux réprobateurs du concert des nations : en abattant le FLN, dont il commençait à admirer le courage de leurs chefs, il a forgé avec des martyrs l'âme d'une nation, qui n'a plus besoin d'armes.

Il n'y a pas une seule allusion au général De Gaulle, dans ce film qui ne parle que de la bataille d'Alger en 1957.
Je rajouterai donc ce que j'ai entendu il y a quelques jours dans une interview télévisé de Pierre Messmer, ancien ministre de la Défense, au sujet de ses contacts avec De Gaulle à cette époque.

- mon général, il y a le problème des harkis, des pieds-noirs, ils sont trop nombreux pour rentrer. Nous avons gagné cette guerre. Je vous comprends, mais ne pourrait-on rester, essayer d'accorder l'autonomie, et conserver une autorité de protection ?
- quoi. Vous voulez que ça recommence ?

APRES :
Mars 1962 :
A part quelques S.A.S., qui pour la première fois désobéissent aux ordres, l'armée française reçoit l'ordre d'embarquer en refoulant les harkis, pourtant français, et appartenant à l'armée. Même ceux qui réussissent à embarquer et arriver à Marseille sont renvoyés en Algérie. sauf lorsque deq SAS comme mon père les protégeaient de la police.

En été et automne 1962, 150 000 harkis français seront atrocement massacrés, ainsi que leurs femmes et enfants.

C'est raconté là : http://www.chez.com/justiceharkis/MASSACRE.HTML

Le harki de Tébessa aurait dû tuer sa femme et sa fille, au lieu de se tirer une balle dans le ventre.
Ma copine, qu'est-ce qu'ils t'ont fait, à toi et ta maman….

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