vendredi 12 janvier 2007

005 L'agresseur agressé

0005 L'agresseur agressé

04.07.2007
0005 L'agresseur agressé.

Bon, allons-y.
Où ? Au commissariat central du XIIème arrondissement de Paris, 80 avenue Daumesnil, Paris XIIème.
Nous sommes le dimanche 23 avril 2006, jour des 77 ans de ma mère, 19h, 19h30 environ.
C'est l'endroit que mon frère a choisi pour lui fêter son anniversaire, et pour y porter plainte pour coups et blessures après m'avoir asséné des coups de vélos pendant 6 minutes.

Donc, faut y aller. Parce qu'au téléphone, une policière, m'avait précisé "....venez vite".

Dès mon arrivée à l'entrée, je suis immédiatement arrêté.
Rassurez-vous, pour me demander où je vais.
Ne souriez pas, pour savoir ce que je viens faire.
- déposer plainte pour coups et blessures.
- 3 heures d'attente ! Au moins !
- j'attendrai toute la nuit s'il le faut ! Vous avez une machine à café, sandwichs ?
- entrez, puis le comptoir à gauche.
Je me doutais bien qu'il fallait d'abord entrer.

A gauche, un comptoir, à droite, la salle d'attente, où j'aperçois à travers la porte vitrée, ma mère, plus prostrée qu'assise, le visage torturé, mon frère, buste droit, bras croisés, impérial, les yeux sévères fixant rien du tout avec détermination, mon neveu l'air amusé, l'américaine qui devait se demander ce qu'elle faisait là, en anglais.
Tous silencieux.

J'explique à un policier que mon frère m'a frappé avec un vélo, que j'ai déjà appelé la police sur place après l'altercation, qu'ils ont constaté que ma mère n'était pas là, et que je veux porter plainte et récupérer mes lunettes.

Ils ont dû me trouver un peu louche, au commissariat, pas de traces visibles de coups, seulement des trace de pneu verticales sur mon polo vert tilleul, et j'étais énervé. Et je parlais d'une arme d'auto-défense électrique, en plus.
Je leur explique que si je n'avais pas eu cette arme d'auto-défense, il m'aurait bien amoché, il était comme fou, mais pas fou-furieux. Décidé à me démolir méthodiquement, d'après ses yeux calculateurs façon Robocop.

Finalement, ils me demandent d'attendre sur une chaise à l'entrée du couloir , côté comptoir, pas dans la salle d'attente.

Le temps passe.

Plus tard, une policière compatissante me demande si je veux attendre avec eux. Je pense qu'elle avait l'arrière pensée que l'on résolve notre conflit familial entre nous.
Vous n'avez rien de dangereux sur vous ?", et me fouille les poches.
J'avais laissé le stun gun (matraque électrique) chez moi, puisque je savais maintenant que c'était interdit de l'avoir sur soi, uniquement autorisé à la maison !
Et en principe, dans un commissariat, on ne craint rien.
Puis, de retour de la salle d'attente :
- votre frère ne veut pas.
- pourquoi ?
- peut-être qu'il n'a pas le sens de la communication !

Le temps passe.

Beaucoup plus tard, je faisais des allées et venues pour me dégourdir les jambes, regardant de temps en temps par la porte vitrée pour savoir si la "famille à problèmes relationnels aigus" était encore en train d'attendre.

Je croise ma mère, apparue dans le couloir, qui veut me rendre mes lunettes. Je refuse. J'étais en colère après elle.
- tu les donneras à la police. Et avec mon parapluie !
- oh ! Je l'ai jeté, il est complètement foutu.
- qu'est-ce que tu fais avec eux, ça t'amuses de passer des heures dans un commissariat ? Et tu ne pouvais pas me le dire qu'il était à Paris, qu'il allait te rendre visite, cet après-midi ? Je t'ai téléphoné hier, tu me dis qu'il va arriver bientôt, dans quelques jours, c'est bien ça ?
Je t'ai rappelé encore vers 14h, tu me réponds qu'il va arriver "bientôt, très bientôt". Tu sais que je ne veux plus voir ce type depuis qu'il m'a envoyé son courriel avec "je te ferai interner le moment venu", et encore plus depuis qu'il s'est pavané aux obsèques de papa comme si c'était le plus beau jour de sa vie.

Les obsèques ont été filmées, il va falloir que Mark (mon beau-frère texan) se décide à m'envoyer la vidéo qu'il a réalisé.

- je ne serais jamais passé t'apporter un gâteau si j'avais su qu'il était dans le coin. Avec ce temps, j'étais bien mieux chez moi. Au fait le gâteau ?
- je l'ai mis au congélateur.
- va retrouver tes amerloques. Et raconte ce qui s'est passé aux flics !

Le temps passe.

On m'appelle pour monter dans les bureaux. Enfin ! Il avait raison le factionnaire à l'entrée, il est 22h, 22h30 environ.
Un flic en civil, d'allure quelconque, en jean, tête plate (un non-prognathe), teint terreux, d'ethnie grisâtre, me demande de m'asseoir.

- mon frère m'a attaqué, je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'étonne pas du tout. En plus il vient ici porter plainte ! Du coup, je viens porter plainte et expliquer ce qui s'est passé.

Le plus naturellement du monde, il me demande :
- vous battiez votre père ?
- hein ? (si cette question est plutôt renversante, ubuesque, je n'étais nullement étonné : voir mon article "1999 Champs-Elysées", dans la catégorie "L'Innommable")
- pendant votre adolescence, vous battiez votre père !
- mon père fait partie des 60 000 français qui ont rejoint le général de Gaulle en Angleterre, pendant l'occupation, en 1943 (tout en réfrénant mon envie de lui répondre : et vous ? Vous battiez votre père ?).
- mon père a reçu un entraînement intensif pour devenir parachutiste, en juin 1943.
- mon père était rompu à toutes formes de combat, à mains nues, toutes les armes légères, P.A. (pistolet automatique), fusil, FM (fusil mitrailleur), mitrailleuse...
- mon père était expert en close-combat, combat rapproché.
- mon père, il ne fallait pas s'y frotter.
- mon père, sa spécialité, c'était les transmissions : il comprenait le morse même à toute vitesse, comme le français. Il a gardé cette faculté jusqu'à sa mort.
- mon père, la Wermacht, les vietcongs, les fellagas, n'en sont pas venu à bout. Alors, moi ! Non, je ne battais pas mon père, monsieur.

Pour moi, ce flic n'était plus un gradé, mais un drôle d'olibrius à tête de carpe. Prenez une paire de cymbales, ajustez sa tête au milieu, donnez un bon coup de cymbale et vous une tête à la Christine Lagarde. Une tête de cymbalé.

Je me rappelais d'une rixe générale, que mon père m'avait raconté.
Des GI's, en Angleterre, qui avaient eu la mauvaise idée de rigoler en disant "Ah ! Les petites françaises ! Une barre de chocolat, et hop ! Straight to bed !"
John Wayne n'aurait jamais pu jouer le rôle d'un GI's en face de mon père, lui et double-claque auraient volés plus vite que leur ombres et pantalons, comme les romains dans Astérix et Obélix.

Mais je n'étais plus vraiment dans ce commissariat. Toujours assis, mais à une terrasse de café, aux Champs-Elysées.
- depuis combien de temps vous détestez votre frère ?
- ?? Je ne veux plus le voir depuis juin 2004. Depuis qu'il m'a envoyé un courriel dans lequel il écrivait "je te ferai interner le moment venu".
Mais surtout, son attitude ignoble lors des obsèques de mon père, le 27 septembre 2005. On aurait dit que c'était le plus beau jour de sa vie !
Avec pertinence, il me fait préciser :
- vous n'avez pas eu votre baccalauréat ?

Génial, ce flic !
L'art et la manière de créer une situation criminelle en posant les bonnes questions. L'art d'être surréaliste avec le sérieux d'un fonctionnaire, avec la nonchalance de la routine.

Tout en répondant, je commençais à réaliser que je subissais un interrogatoire en règle, dicté par les élucubrations de L'Innommable, et que je me laissais embarquer dans des justifications de crimes ou délits complètement délirants et sans rapport avec le dépôt d'une plainte !

- le bacc 1969 ? Tout le monde l'avait, en 1968. Mais en 1969, les facs étaient archi-pleines ! On avait même construit la fac de Vincennes en un été.
Je lui ai même précisé que le bacc 68 n'était même pas reconnu en Angleterre, par exemple.
Que j'avais eu 8/20, tout de même, ce qui me rendait titulaire du Certificat de fin d'Etudes Secondaires. Et que ma vie professionnelle m'avait promu bacc + 2.

ET QUE J'ETAIS VENU DEPOSER PLAINTE POUR COUPS ET BLESSURES !
- racontez ce qui s'est passé.

Enfin ! Alors, je lui raconte, ce que vous avez déjà lu dans mon article "0003 Famille, Fraternité, Fracas ".
Lorsque je lui dis qu'il avançait vers moi en sautillant, pour me balancer son poing dans la figure, et que j'avais sorti ma matraque électrique, tout en reculant sans sautiller, il me demande :
- vous avez menacé votre mère !?!
Alors là, j'explose. Mais intérieurement. Plutôt une sourde implosion :
- quoi ?!
C'était mon explosion contrôlée.
Je l'ai dit avec une rage contenue qui devait se sentir à des kilomètres à la ronde ! Menacer ma mère !
C'est ce salopard de Jérôme qui a déblatéré ça aux flics ! Il venait de me faire passer pour un monstre ignare, qui battait son père, qui menace sa mère...
Ma colère devait être tangible, le flic n'a pas insisté et passe à une autre connerie jéromiesque.

- vous avez fait claquer votre taser !!
Ce n'était pas dit sur le ton d'une question, mais d'une affirmation matinée d'accusation.
- oui, pour l'impressionner, pour qu'il s'arrête d'avancer en sautillant vers moi, avec sa garde de boxeur. Et aussi pour vérifier s'il y avait une pile. Je ne me rappelais plus si j'avais retiré la pile.
- vous avez touché votre frère avec le taser ?
- ce n'est pas un taser, c'est une matraque électrique. En anglais, un Stun Gun. J'en ai vu 2 ou 3 en bas, au comptoir.
Je lui ai alors donné un cours pour sa culture générale, en rapport avec son métier :
- on n'a pas le droit d'acheter un taser, c'est réservé aux policiers. L'Innommable s'est précipité pour aller chercher un vélo qui traînait contre le mur. Et il s'est mis à me cogner de toutes ses forces avec le vélo.
- comment vous êtes-vous procuré ce taser ?
Pénible, cette tête déjà bi-claquée, si je considère sa face de fourmilier gris. Enfin, je n'aime pas me répéter, je laisse tomber pour le mot "taser".
- par l'Internet, j'en ai trouvé à 120€ au Portugal, 47$ aux Etats-Unis, le site Panther :
http://www.pantherstunguns.com/
Je l'ai reçu par la poste une semaine après.
- Par l'Internet ! Bien sûr... L'Internet, évidemment !
Il devait considérer que l'Internet et moi étions une association de malfaiteurs, vu le ton de son commentaire.

- comment il était, ce vélo ?
- un vélo d'enfant, ou plutôt d'adolescent, blanc. Entre deux coups de vélos, j'essayais d'attraper la selle de la main gauche, tout en tenant le Stun Gun de la main droite. Pas pratique ! Vraiment pas terrifiant, ce Stun Gun.
J'ai pensé mettre la matraque dans ma poche, mais il aurait pu jeter le vélo et me transformer en punching-ball.

J'ai entendu quelqu'un dire, et non pas crier : "qu'est-ce qui se passe ?". Certainement un habitant de l'immeuble. Il était derrière l'Innommable.
Mon frère s'est alors immobilisé, brandissant son vélo en l'air.
Il cognait moins fort depuis 2 ou 3 minutes.
Je pensais que c'était parce qu'il devait commencer à se sentir ridicule. Et immédiatement, il s'est mis à crier "Il est fou ! Appelez la police ! Il est fou ! Appelez la police ! Il est fou..."
J'ai regardé derrière l'Innommable. Le voisin avait disparu. Impossible de retourner là où devaient se trouver mes lunettes.
Je renonce à mes lunettes. Je recule, à mon grand soulagement, mon frère Innommable reste sur place.

Je suis parti chez moi, chercher quelqu'un pour revenir chercher mes lunettes.
J'en était là de mon récit à l'olibrius simultanément double-claqué à la face épaisse comme une lame de couteau, au profil large comme une hache.

Lorsque j'entends des hurlements dans le bureau à côté.
Un flic qui hurlait "baissez votre pantalon !!" à quelqu'un. Quatre ou cinq fois.
Ou l'inverse, après tout, je n'avais que le son !
Puisque tout semble fonctionner à l'envers dans ce commissariat, tout doit être possible...
Je souriais en inversant la situation d'à côté : un skin-head tatoué hurlant à un inspecteur terrorisé réfugié sous son bureau : "baisse ton froc". Mais c'était "baissez votre pantalon !", du vrai langage poliçiais, et même poli, civilisé et policé.
Tête plate se lève, me regarde en se demandant si je n'allais pas faire quelque chose de louche, se dirige en hésitant vers le bureau d'où une personne, présumée policière de son état, hurlait "baisse ton pantalon !".
Il se décide à me laisser seul, puis revient au bout de quelques minutes.
- vous avez fait de la prison ?
- non (fatigue).
- vous fumez de la résine de cannabis ?
- non
- Ah !
- et vous ne travaillez pas !
- justement, on m'a octroyé une prime de 240 000FF pour que j'arrête, en 1990. Et l'ANPE m'a conseillé d'aller à la Cotorep, parce que je suis handicapé et inapte au travail.
- c'est quoi la Cotorep ?
- c'est comme l'ANPE, une autre Agence Nationale Pour l'Exclusion, un truc comme ça.
Après tout, moi aussi, je pouvais ré-inventer la réalité. C'est marrant, son jeu.

tchac...tchac.tchac.tchac.tchac...tchac?re-thac...
- vous demandez des dommages et intérêts ? (ton morne administratif)
- euh, le parapluie, 5,05€, le gateau 33€...
- on n'est pas là pour faire l'aumône !
Il me demande ensuite si je veux consulter un médecin légiste.
Pour moi, un médecin légiste, c'est pour autopsier les cadavres.
- non !!
Et je n'avais plus mal, rien de cassé.
Il me tend ma "plainte" :
- signez en bas, allez !
Je prends la feuille et la regarde.
- lisez pas, c'est ce que vous venez de me dire (ton énervé).
Mais je ne lisais pas, je regardais fin-vu-de-face.
- quoi, signez !
- je ne peux pas lire sans mes lunettes.
- rooohh ! (très agacé)
Il se lève tout de go, sors sans vérifier si je n'allais pas en profiter pour avaler ma contrition (déposition), et revient avec mes lunettes. Ma mère leur avait donc donné mes lunettes.
- elle sont rayées, maintenant !
Et je relis.
Au beau milieu de la page, la phrase :
"je reconnais être défavorablement connu des services de police".
- c'est quoi ça, monsieur l'agent, ça fait partie de ce que j'ai dit ?
Un tantinet plus énervé, il m'arrache la feuille, la froisse, la jette au panier, re-tchac-tchac, ressort une feuille toute neuve, en papier recyclé, j'espère, vu le gaspillage, une nouvelle tentative d'aveux subliminaux.
la phrase a été remplacée par "je ne suis pas connu des services de police". Décidemment !
mais nulle part je ne voyais le titre "Plainte".
- JE SUIS VENU DEPOSER UNE PLAINTE POUR COUPS ET BLESSURES ! C'est une plainte, ce formulaire ?
- oui, signez en bas
Je signe, j'avais vraiment hâte de rentrer chez moi.
Et puis, il arrive un moment où on finit par admettre qu'il faut rentrer chez soi, il y a toujours une fin au cirque, avec une sortie.
Il se lève, prêt à quitter le bureau.

Il ne m'arrête pas alors que j'ai raté mon bac en 69 ? Curieux.
- vous ne me donnez pas une copie de ma plainte ?
- allez, c'est fini, j'ai encore à faire, moi.
- comment ça ?
Surpris de mon intérêt pour son emploi du temps dominical et nocturne, surchargé, il me répond qu'il "a un meurtre".
Mon sang se glace : le skinhead ! Ou peut-être une frêle jeune fille, plus de hurlements... les hurlements "baissez votre pantalon" avaient cessé tout d'un coup lorsque fil-de-couteau-vu-de-face était sorti, tout à l'heure...

Je rentre chez moi, vingt minutes de marche, en me traitant de con pour ne pas avoir exigé une copie.

Arrivé chez moi, j'ai des messages sur mon répondeur. Ma mère ?
Mais le téléphone sonne.
C'est un policier qui veut que j'amène la matraque électrique au commissariat, pour me la confisquer !
Je commence par dire "venez la chercher".
- non, maintenant, ou demain matin, très tôt.
- pourquoi très tôt ?
- parce que nous devons transférer votre dossier, ce n'est plus le même commissariat. Ici, c'est uniquement pour le week-end, vous dépendez du commissariat de la rue Hénard, au 30.
- bon, je vous le ramèèèèène !
Surtout pour ne pas avoir à me lever aux aurores. Et ne plus revoir ce commissariat.
Ou ne pas les voir débarquer avec haches, serruriers, chiens, boucliers anti-stun guns, explosifs, RAID, GIGN, parachutistes, tireur d'élites, tasers, menottes, hommes-grenouilles surgissant de la bonde de la baignoire, bazooka, hélicoptères, pour frapper à ma porte blindée.

Je retourne leur porter mon stun gun. Vingt minutes aller, vingt minutes retour.
Toujours les messages sur mon répondeur. Ma mère ?
Le téléphone sonne.
- quoi ! vous voulez que je vous ramène mon briquet, cette fois !?
- non, vous avez oublié un petit porte-carte bleue, chez nous. Et votre carte d'identité. Des cartes. Vous devez venir les chercher maintenant.
- et pourquoi, maintenant ? Il est minuit et demi. J'en ai marre, de votre commissariat de... week-end nocturne !
- justement, si vous ne venez pas récupérer vos papiers, vous ne pourrez pas les récupérer avant 2 jours.
- pourquoi, il vous faut 2 jours pour transférer le dossier à 2 rues de votre commissariat central ?
- oui
- vous pouvez pas me garder ça pour demain matin très tôt, comme vous me l'aviez proposé pour le stun gun ?
- le taser ? Ah, c'était vous. Oui, je veux bien le signaler à mes collègues, mais vous viendrez tôt ?

Tiens, une micro-particule de pitié, de commisération, triplée de compréhension dans cette voix en uniforme ?
- oui, j'ai besoin de mes papiers et de ma carte bleue. Demain matin très tôt.
Et, chose incroyable, j'ajoute : "merci beaucoup".

Voilà. C'est fini pour aujourd'hui.
On reprend demain.

A partir de maintenant, il ne s'agit plus d'une affaire personnelle, d'une altercation entre frangins.

Il y a un parti-pris évident de la part d'agents de police. Je n'ai aucune copie de ma plainte. Je croyais encore que j'avais déposé une plainte, ce soir là. Il ne l'avait pas démenti, d'ailleurs, ce face-de-canif gris.
Mais, visiblement, mon frère, avait débarqué dans ce commissariat, et avait comme dicté ses ordres au commissariat.

A l'époque, je n'avais pas encore compris.
Aujourd'hui, 21 mois après les faits, et la suite, j'ai fini par comprendre. J'étais entraîné dans une machination, je le sentais alors sans le comprendre. C'est un an après que j'ai réalisé que cette altercation était une provocation, pour me faire sortir mon stun gun. Il savait que j'en avais un. Puisque ma mère le savait.

Je suis un cas spécial, un cas rare.
Je suis le frère d'un porteur de sacs marins bourrés de pascals, "travaillant" pour le groupe Bouygues Immobilier. Une entreprise éminemment précieuse pour le pays.
Donc, forcément respectable, en tous cas intouchable.

Un certain Nicolas Sarkozy était alors ministre de l'Intérieur.
Je ne savais pas alors qu'il était un ami (le "frère") de Martin Bouygues. Cela, je l'ai lu dans le livre de Ségolène Royal beaucoup plus tard : "Ma plus belle histoire, c'est vous".

Alors moi, avec mes idées de justice indépendante et de probité à la con, je suis plutôt ringard et bêtement naïf.
Encore aujourd'hui, je veux y croire, à une police intègre et une justice impartiale.
Parce que nous sommes en France, pas en Birmanie.

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Suite : 0006 Urgences Médico Judiciaire
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