mardi 19 juin 2012

Je ne suis ni de gauche ni de droite, je suis normal


Un membre de la Commission économique du PG m'écrit :

"J’ai suivi avec intérêt votre démarche et vos revendications contre l’avis de biens de mes amis.
J’ai lu vos différentes lettres en essayant de comprendre votre combat avec bien sûr quelques réserves.

Seulement voilà, vous avez franchi le Rubicon avec ce dernier courrier !
Comment peut-on proférer une telle ânerie :  « Je ne suis ni de gauche, ni de droite, je suis normal. »
Je connais des gens de droite tout ce qu’il y a de plus normaux et respectables.
JE SUIS DE GAUCHE ET JE SUIS TOUT A FAIT NORMAL"

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Je lui réponds alors pourquoi je n'accepte pas le clivage gauche-droite, comme de plus en plus de gens normaux, tout en précisant que je ne suis ni exCENTRique, ni ROUGE de colère, ni VERT de peur.

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Je vous félicite d'avoir résisté jusqu'à présent aux pressions du groupe PG pour suivre mon aventure malgré eux :
... contre l’avis de biens de mes amis

Je vous remercie d'avoir pris le temps de justifier et expliquer votre désir de ne plus recevoir mes messages au lieu de vous contenter d'un simple copié-collé UNSUBSCRIBE. Alors je vous réponds aussi, vous le méritez.

L'ânerie "ni de gauche ni de droite mais normal", très appréciée dans mon entourage, donc redoutable pour ceux qui utilisent la bi-polarisation comme un volant pour vous faire tourner où on veut vous conduire, c'est une conviction.
Plutôt une prise de conscience que le monde politique est réduit volontairement à une bi-polarité pour mieux manœuvrer les électorats. Comme démocrates vs républicains aux Etats-Unis, alors qu'ils sont tous les deux à la fois censés être démocrates ET républicains. Les "normaux" sont plus exigeants et plus nuancés. Mais ils dérangent.

En fait, votre décision finale prouve ce que j'affirme.

Vous avez peut-être vu Marine Le Pen, lors d'un débat TV pour la présidentielle, exhiber un dessin prouvant qu'elle était tellement géniale qu'elle était capable de résoudre cet exercice connu dans les stages de communication. J'ai suivi un de ces stages pour passer cadre chez Atochem en décembre 1985.

L'exercice consiste à prouver au pauvre stagiaire qu'il est incapable de sortir de son cadre de pensée.
On lui propose de relier tous les points formés par un cadre de 3 X 3 points, avec un point central :

                      O(1)   O(2)   O(3)
             
                      O(4)   O(5)   O(6)

                      O(7)   O(8)   O(9)

Tout le monde arrive à relier, sans lever le stylo, les points avec 5 droites, la diagonale, les 4 côtés.
On vous demande d'en faire autant avec 4 traits seulement. L'encre est le liquide le plus onéreux après le sang humain, cela vaut le coup d'essayer.
La seule contrainte est de ne pas lever le stylo (de faire les 4 droites de façon consécutives).
N'oubliez pas : la seule obligation, l'unique règle ! Tout idée qui respecte cette unique contrainte est acceptable.
Dans mon groupe de 30 personnes, ingénieurs, secrétaires, moi-même, personne n'a trouvé.
Et toute heureuse, l'animatrice nous a reproché d'être incapables de sortir de notre cadre de pensée.

Voici la solution : 
- tracez la diagonale en partant du 9 vers le 1 (3 points déjà reliés), votre stylo est sur le 1er point (rouge)

                      O(1)   O(2)   O(3)
             
                      O(4)   O(5)   O(6)

                      O(7)   O(8)   O(9)

- de là, tracez le 2ème trait vers la droite (le haut du carré), mais dépassez le cadre en vous arrêtant à un 4ème point fictif qui sera aligné avec les points 6 et 8
vous allez me rétorquer qu'il vous impossible d'aller à droite, encore moins à l'extrême droite, vous allez me dire que cela dépasse les bornes (du Rubicon). Vous avez raison. Mais essayez quand même, en oubliant "vos amis"

                      O(1)   O(2)   O(3)   X
             
                      O(4)   O(5)   O(6)

                      O(7)   O(8)   O(9)

- de là tracez le 3ème trait de X vers 6 et 8, en continuant tout droit vers un autre point fictif aligné avec 7 et 4

                      O(1)   O(2)   O(3)   X
             
                      O(4)   O(5)   O(6)

                      O(7)   O(8)   O(9)

                      X

- de là tracez le 4ème et dernier trait droit en remontant du fictif rouge vers le 4. C'est fini. En plus, vous finissez à gauche, cela devrait vous ravir.

                      O(1)   O(2)   O(3)   X
             
                      O(4)   O(5)   O(6)

                      O(7)   O(8)   O(9)

                      X
En me reprochant de sortir une ânerie parce que je quitte le système droite-gauche, vous restez enfermé dans le cadre de pensée qui vous est inculqué par la pression du groupe dans lequel vous vous êtes enfermé.

Dans mes 11 000 contacts, on m'a déjà proposé de créer un parti, j'ai refusé en expliquant que je ne voulais pas créer un appareil manipulateur de plus.
Mon parti, ce sont les gens. Ils sont partout.
 Qu'ils aient le cœur à gauche ou à droite, vous avez raison, il y a des gens très bien dans tous les camps.
Il suffit de les sortir de leurs camps pour les élever.

L'une de mes maximes favorites est d'ailleurs "il y a en chacun d'entre nous, quelque chose, que les autres n'ont pas".
Cette phrase sera gravée sur ma tombe, pour que les vivants qui la liront pensent à tous ces trésors passés sous terre !
Un lien temporel.
Je l'avais trouvée pour faire remarquer à un certain Alexis Corbière et ses proches que la démocratie devait s'efforcer de donner la voix à un maximum de gens, pendant qu'eux essayaient de nous "diriger" en nous expliquant qu'ils savaient ce qu'il fallait faire, pas nous. On devait juste distribuer leurs tracts, c'est tout.

Autre exemple de manipulation utilisée dans les appareils de partis, le principe de conformité. Je n'arrive pas à retrouver cette vidéo qui est incrustée (ce n'est pas un lien) dans l'article "Démocratie, quand je te tiens". C'est la 2ème vidéo.

Vous y voyez plusieurs personnes dans un ascenseur, qui font exprès de regarder vers le fond, au lieu de regarder naturellement vers la porte.
Arrive une personne "normale" qui prend l'ascenseur, commence par regarder vers la porte comme d'habitude, mais est de plus en plus gênée de ne pas être dans le même sens que les autres et finit par regarder bêtement, mais comme tout le monde, vers le fond !

La vidéo démontre encore plus.
Un animateur montre à un groupe d'une dizaine de personnes une barre verticale "modèle" et présente à ce groupe trois autres barres verticales : la 1ère visiblement plus courte, la 2ème identique, la 3ème visiblement plus haute.
Puis il demande au groupe quelle est, dans le trio de barres, celle qui est identique au modèle.
Les 9 premiers interrogés ont pour consigne de répondre sans hésiter "la 3".
Le 10ème (normal, à qui on a rien dit, donc pas endoctriné,) dira comme eux, en niant l'évidence !

                                              oooooOooooo

Exemple réel, donc pas une expérience psychologique filmée, mais vécue :


Être de droite :
on peut considérer que les flics qui ont rédigés ce rapport dans un langage de bébés, mais c'est un vrai rapport qui a donné lieu à une condamnation, étaient plein d'admiration, de servilité pour ce millionnaire franco-américain, promoteur immobilier formé chez Bouygues, en cette période pré-électorale d'avril 2006. D'après une témoin, ils semblaient espérer être invités en Floride. Leur ministre de l'intérieur était Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. Rapport (à la fin de chaque page il y a un lien vers la page suivante) :
http://patricehenin.blogspot.fr/2008/11/0056-rapport-de-police-feuillet-0-sur.html

la médiation a eu lieu le 9 octobre 2006, toujours avant l'élection de Sarközy de Nagy-Bocsa :
http://patricehenin.blogspot.fr/2007/06/0010-je-te-ferai-interner-le-moment.html

Être de gauche :
La victime était militante au PS du XIIème avant et après l'élection de cet inoubliable grandiloquent nabot Sarközy de Nagy-Bocsa.
A votre avis, la victime est-t-elle restée silencieuse. Elle n'aurait rien raconté à ses "camarades", aux responsables de son parti ? Evidemment si. De plus, elle pensait qu'une telle affaire de corruption empêcherait à coup sûr l'élection de Sarközy (de patati et patata).

Mais Sandrine Mazetier, les élus de la mairie, les candidats prévus pour la prochaine liste en 2008 ont expliqué aux militants trop curieux que "c'était une affaire familiale".

Le principe de conformité a fonctionné, même pour la victime, qui a en moins parlé, de guerre lasse.
Pourquoi tous les responsables, caciques du PS ont-ils tout fait pour étouffer cette affaire ?
J'aimerais ne plus être le seul à leur poser la question, mais que vous le fassiez, homme de gauche.

Quant à Alexis Corbière, il a dit à la victime que rien ne prouvait que Sarközy soit au courant. C'est oublier un peu vite qu'il était ministre de l'intérieur, qu'il a reçu un courriel puis deux lettres recommandées (http://patricehenin.blogspot.fr/2009/05/lettre-au-chef-supreme-des-armees.html) puis, en 2010, le ministère de la Défense a fait son numéro :
http://patricehenin.blogspot.fr/2010/05/jai-une-question-pour-me-louis-bore.html

Quant à Jean-Luc Mélenchon, je lui ai dis que mon site Blogspirit.com dans lequel je racontais ma dénonciation de corruption de la police, des tribunaux venait d'être supprimé (5 juin 2008), 3 jours après une condamnation délirante suite à ce faux rapport de police.

D'abord lors d'un meeting sur la laïcité, à l'AGECA, le 5 juin 2008.
Il a fait l'étonné, l'outré, lorsque je lui ai parlé de mon blog censuré, puis s'est éloigné pour serrer des mains en me disant qu'il me verrait plus tard, à la fin du meeting.
Lorsqu'il a dédicacé son livret sur la laïcité, j'étais le dernier, derrière 2 personnes.
Arrive un membre du service d'ordre, qui me dit :
- c'est fini, il faut partir, dehors
- tu rigoles, on n'est plus que 3 à attendre
- pourquoi tu insiste ?
- réponse-miroir, je lui réponds
Il réfléchit au sens de ma réponse, ne comprend pas. Moi, je voulais gagner du temps, plus qu'une personne devant moi !

Il appelle d'autres membres du service d'ordre, je me débats, Mélenchon a les yeux rivés sur sa signature, à deux mètres, n'entends rien ! Alexis Corbière discutait lui aussi sans rien remarquer à quelques mètres, dans la salle déjà presque vide.

Je suis sorti à l'horizontale, porté par des membres du service d'ordre.
A l'extérieur, je discute avec quelques "camarades", Alexis Corbière vient me voir, tout sourire, me demande innocemment ce qui m'est arrivé.
Je lui raconte, il fait celui qui ne comprends pas en souriant, me demande si je vais bien, très prévenant.

J'ai revu Jean-Luc Mélenchon le 7 juillet 2008 dans une réunion appelée "Besoin de Gauche" (!?) dans un restaurant chinois où se sont réunis une soixantaine de "gauchistes" du PS ou d'ailleurs. Des membres du PRS (Pour une République Sociale), le club de Mélenchon. On était 5 par table, 10€ le repas.
Mélenchon a toujours eu une curieuse sympathie pour le peuple chinois (envahisseurs du BRICS), mais à cette époque je n'en voyais pas les implications.

Cette fois je lui ai carrément remis un dossier qu'il a enfoui dans sa sacoche.
Dans mon dossier, outre le rapport de police, le jugement en appel, il y avait une copie de mon article "Dénonciation aux élus" : http://patricehenin.blogspot.fr/2008/06/0025-dnonciation.html
Je n'ai eu aucune nouvelle.

Ce n'est pas fini.
J'ai continué à obéir au principe de conformité, la naissance d'une extrême gauche, cela devait bien finir par donner quelque chose. A ceux qui n'y voient que le règlement de mon problème personnel, je les prie d'aller faire de la politique chez les indiens encore "sauvages", ou "primitifs" d'Amazonie, je suis sûr qu'ils seront mieux que moi leur expliquer que l'injustice ne doit pas être réservée à un seul, que la justice s'applique à tous, sans exception.

J'ai donc démissionné du PS, fait mon petit discours d'adieu et participé activement aux premiers collages d'affiches du Parti de Gauche, nom que je trouvais un peu bizarre, simplet.

Me voilà donc en compagnie de François Delapierre, dont j'aimais les articles dans la revue  "A Gauche", au meeting de lancement du PG à la Seine-t-Denis, ce 29 novembre 2008.
Signe des temps il y avait des boites pour recueillir les dons tout autour du gymnase. J'en avais une, avec Frédérique Dumont, jeune militante pleine d'ardeur.
A la fin du meeting, Mélenchon commençait à parader au milieu de ses militants qui se partageaient les cartons de tracts (un parti qui n'existe pas encore, quelle fortune, ces 4 pages couleurs, hummm... l'argent du PS ? Oui.) Heureux de ces 3000 participants venus l'applaudir (mais rameutés de toute la France.
J'ai rencontré l'ambassadeur du Vénézuela et sa belle écharpe blanche aristocratique, qui tranchait dans cette population d'écharpés rouge vif.

Tout à trac, il embrasse Maxime Lesnais, militant parisien, Mlle Frédérique Dumont, moi, d'autres.
Il se dévoile intellectuel en expliquant que le lancement du PG a lieu au bon moment, le kairos grec.
Il accuse les médias de ne pas être là, ou de filmer les bancs vides (ils étaient donc bien là).

Lorsque les Vampires (financiers)  décident de faire diversion dans l'opinion publique, ils trouvent ce brave sénateur "socialiste" et permettent aux médias de commencer à parler, avec un peu d'ironie pour donner le change, de ce PG.
Le lendemain, TOUS les médias en ont parlé.
La construction électorale était née.
Les électeurs déçus du PS, du NPA, voteront à l'avenir pour le PS, au 2ème tour de la future présidentielle,
des législatives, trappés.

Mélenchon se retrouve pensif contre le rebord de l'arène de ce gymnase et c'est le moment que je choisis pour lui dire (mon kairos à moi), sur le ton de la plaisanterie, très calmement :
- Mélenchon, mais je te déteste, honni, exècre, abomine, abhorre, maudit, hais... Je ne peux plus te sentir ni même te voir en peinture. Je t'ai donné un dossier le 7 juillet et tu ne fais rien, tu trouve ça normal ?

Être normal :
c'est tout simplement admettre que ce qui m'arrive n'est vraiment pas normal.
Que cela ne me concerne pas moi tout seul.
Que les silences des partis, médias, militants, élus, ne sont vraiment pas normaux.

Qu'il nous faut donc agir autrement, surtout pas encadrés, encartés, manipulés, des moutruches comme disent les québecois (moutons-autruches), mais résolus à soigner tout ce joli monde.

Comme le dis l'intellectuel québecois Jean Barbe :
"nous sommes gentils, mais nous savons aussi soigner les fous."




Voilà.
Je vous ai retiré de mes listes, c'est votre liberté de choix intime et libre, j'espère.

Patrice Hénin